« Le dojo de Sylvain-les-Moulins est avant tout un lieu de pratique »

Analyste réputé, disciple de Lacan, Dominique Inarra laissant derrière lui un passé d’urgentiste, parcourt le monde pour donner des conférences aussi bien en Europe, qu’en Amérique du sud mais aussi au Japon où il découvre un pays et une culture qui le marqueront profondément. De son expérience hors norme naissent un regard et une vision du kyudo qui s’inscrivent dans une philosophie pratique de l’enseignement et une éthique bienveillante.

C’est au cours d’un sesshin de zen à la Falaise verte mené par Taitsu Roshi qu’il rencontre Michel Martin. C’est son insistance à accompagner Dominique dans la pratique du kyudo qui lui ouvre de nouvelles perspectives. Il débute en 1989. Au départ, comme le souligne Dominique, « je ne voyais aucun intérêt à reproduire toujours le même mouvement (…) Je n’étais pas dans la mystification de la culture japonaise. C’était pour moi, un exercice très curieux dont je ne voyais aucun intérêt. ».

Peu investi c’est pourtant lors du séminaire à Zuidlaren en 1992 qui précède le passage de son premier grade qu’il a une révélation : « Susuki Suminao sensei, m’a fait percevoir ce qu’était le ki. C’est là où véritablement le kyudo a commencé pour moi ». Sans le savoir au début, jour après jour, il explore plus intensément la voie de l’arc. En 1997, il fonde l’Association Kyudo Etoile. La pratique se développe. Dominique garde sa fascination intacte pour le Japon et l’authenticité de l’enseignement qu’il vient y chercher. Au fil des années il y cumule plus d’une cinquantaine de séjours. Comme il précise : « quelle ambition pouvons nous avoir de transmettre ce qu’est l’esprit du kyudo qui est fondamentalement fondé sur l’identité japonaise ? ». Dominique pense que même si en tant qu’occidental nous ne pouvons percevoir cet esprit, le kyudo nous donne suffisamment d’éléments, le respect de l’étiquette et les principes fondamentaux du tir, pour être sur la voie de la découverte de ce qu’est le kyudo.

« Le kyudo, c’est ça : si tu le veux, c’est possible »

Rapidement l’idée de construire un lieu de pratique traditionnel se fait jour. Le premier écueil sera la recherche d’un terrain avec l’aide des membres de l’AKE. La première condition au-delà de la taille du pas de tir était que le terrain devait se situer au bord d’une rivière. Après des mois de recherche un terrain est trouvé au bord de l’Iton à une quinzaine de kilomètres d’Evreux. Le terrain est acheté et laissé à l’abandon pendant quatre ans. Les propositions de l’architecte sont envoyés au Japon à Ogata sensei. Aux plans initiaux, Ogata ajoute un hikae non prévu. Entre temps Susuki Suminao est devenu le sensei du jeune 3ime dan. « Une relation faite de rigueur et d’amour » voit le jour entre les deux hommes. Suzuki fait le déplacement à Paris afin de prodiguer des conseils sur l’orientation du futur dojo, au sud-est côté soleil levant. Après deux ans et demi de travaux, c’est la création de l’Association Kyudo de l’Iton en 2006 et l’inauguration du lieu. La cérémonie shinto est menée par Susuki Suminao.
Le dojo de Sylvain-les-Moulins est dédié à la pratique. Dans cette optique, pendant quelques années il a accueilli une partie des stages de la Ligue de Kyudo d’Ile de France. Dernièrement Michel Martin qui aménage non loin de là y pratique fréquemment pendant l’année précédent son décès et marque intimement le lieu de sa mémoire.
La pratique est dominicale avec un début de séance à 10h30 et une fin à 16h. Le club compte actuellement huit pratiquants.

Arnaud Vojinovic

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