Grand Stage de Pâques 2008

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Grand Stage de Pâques
Noisiel 2008

Le grand stage de Pâques a réuni près d’une centaine de participants et s’est déroulé au Cosom de Noisiel les 23, 24 et 25 mars 2008.

Grande première, il était encadré par deux 6ème Dan Kyoshi français, Laurence Oriou Sensei et Claude Luzet Sensei, secondés par tous les Shogos présents : Michel Martin Sensei (6ème Dan Renshi), Charles Louis Oriou Sensei (6ème Dan Renshi), Erick Moisy Sensei (6ème Dan Renshi), Christian Magnier sensei (5ème Dan Renshi), Dominique Guillemain d’Echon sensei (5ème Dan Renshi), Thierry Guillemain d’Echon sensei (5ème Dan Renshi).

Un programme ambitieux

Premier jour : Coupe de France de Kyudo sous l’égide d’Erick Moisy Sensei. Pierre Gasser, vainqueur 2007 et l’équipe AKE remettaient respectivement leur coupe en jeu.

En ouverture : le Yawatashi exécuté par Erick Moisy Sensei, avec Charles Louis Oriou Sensei en premier Kaïzoé, et Mireille Moisy-Legrois en second Kaïzoé.

Coupe de France

Résultats de la coupe de France 2008

  • Le tournoi individuel a été remporté par Nicolas Ladron de Guevara (8/10)
  • 2e place : Michel Dupont (7/10)
  • 3e place : Charles-Louis Oriou (7/10)

Le tournoi par équipe a été remporté par l’équipe USCMB :

  • Patrick Perrot/Nathalie D’Alessandro/Christophe D’Alessandro.
  • 2e place : Equipe composée de Mireille Moisy / Loïc Kerisit / Charles-Louis Oriou
  • 3e place : l’équipe composée de Michel Martin, Mireille Hubervic et Pascal Olivereau

De nombreux autres compétiteurs ont brillé à ce tournoi, dont 2 jeunes pratiquants récompensés par le prix de l’Espoir Véronique Sieng et David Ta.

Deuxième jour : séminaire d’enseignement

En ouverture : Claude Luzet Sensei, Michel Martin Sensei, Charles Louis Oriou Sensei et Laurence Oriou Sensei pour un Yonin-Hitotsumato-Sharei, qui a été suivi du traditionnel Ité-gyôsha, qui nous a amené avec les commentaires qui ont suivis jusqu’à l’heure du buffet asiatique dégusté dans le hall du gymnase.

L’après-midi a été consacré à un travail d’abord en Tachi, puis en tir libre, où les Sensei étaient en particulier vigilants sur la qualité de la posture et du Taïhaï.

Après le salut, vers 17h00, une démonstration de Kyudo était organisée suivie d’un vin d’honneur. Parmi les invités présents, le maire de Noisiel, Monsieur Daniel Vachez, qui soutient depuis ses débuts le projet de construction du Kyudojo National de Noisiel.
Des plans des bâtiments et plans de financement alternatif exposaient l’état d’avancement du projet et le besoin pressant de fonds pour le voir aboutir dans les meilleurs délais.
La soirée s’est achevée au restaurant autour d’un dîner particulièrement convivial.

Troisième jour : séminaire d’enseignement

En ouverture : deux Mochimato-Sharei, exécutés par les Shogos et 5ème Dan.

Le reste de la journée a été consacré à des réflexions des Shogos , suivis de tirs corrigés sur le thème de « tirer avec le corps », jusqu’au moment d’illustrer les leçons apprises dans ces deux jours dans le Shiagé-gyôsha, réalisé comme le Ité-gyôsha de début sur deux Shajos. Vers 17h30, clôture du séminaire, salut et démontage du Dojo.

« Mitori-geïko »

Le grand stage de Pâques a commencé par le partage des tâches, parfois ingrates, indispensable à la réussite d’une manifestation de cette ampleur. Matière grise, petites mains et gros bras ont œuvré et, une fois encore, la preuve était faite : une bonne organisation, c’est comme le raffinement, rien ne se remarque, tout s’harmonise comme par enchantement.

Le séminaire a débuté par le salut à 9h30 et par le petit discours de bienvenue de Laurence Oriou Sensei puis de Claude Luzet Sensei.

Sans perdre une minute, le ton est donné :

  • « nous allons privilégier la qualité à la quantité, travailler avec intensité, le maximum d’intensité possible », déclare Laurence. Programme de la première matinée : deux flèches par personne pour le Ité-guôsha.
  • « savourez chacune de vos flèches » recommande Laurence,
  • « tenez votre Kaï, oubliez Hanaré, programmez un bôôôôôôôôô ZANSHIN » conseille Charles Louis en mimant à la fois le geste et l’intention.

Forts de ces consignes, nous, les « petits », nous commençons par nous appliquer à saluer correctement….oui mais qui ?. Claude, Charles Louis, la calligraphie, Laurence qui s’occupe du Shajo 2…… ?. Moment de panique, certains improvisent.
Zut ! Omaé évolue à un rythme irrégulier, ça « cafouille » sur Shai, certains réajustent discrètement leur Ashibumi, d’autres « bidouillent » fiévreusement leur Ténouchi, chacun essaie de tenir Kaï : manque de chance la flèche s’échappe, « moquette » pour certains, pour d’autres, elle atteint la cible après avoir virevolté dans les airs. Décidément, même les flèches ne filent pas droit sur le premier Shajo.
Le Zanshin existe mais il n’est souvent que la rémanence du trop plein d’émotions qu’il est bien agréable d’évacuer avant de passer à autre chose.
Etrangement, nos Sensei n’ont vu dans nos tirs qu’une multitude de points positifs qu’ils nous servent en guise d’apéritif. Encouragés, nous n’avons qu’une envie, donner encore et encore le meilleur de nous même…..

Du bord du Dojo, nous observons les « kimonos », 3ème DAN et plus. C’est sûr, pour être enraciné leur Ashibumi est enraciné, leur Dôzukuri leur donne belle allure, ils s’appliquent à tenir leur Kaï, à tirer « de tout leur corps », Tsuméaï, Nobiaï, Néraï…..C’est clair, ils n’ont pas volé leur grade.
Bizarre, au déjeuner, ils font triste mine : leurs Sensei n’ont vu, dans leurs tirs qu’une multitude de points à améliorer qu’ils leurs ont servi en guise d’apéritif. Oui mais à quoi servirait de parler de ce qui est stabilisé pour le moment puisque c’est ce qui est labile qu’il faut fortifier….. Passée la petite déception (forcément, quand on y a mis tout son cœur), eux aussi n’ont qu’une envie, donner encore et encore le meilleur d’eux-mêmes.

Le lendemain, c’est au tour des « grand » d’être sur la sellette….. Imaginez un Mochimato-sharei exécuté par Charles Louis Oriou, Christian Magnier , Dominique Guillemain d’Echon, Eric Moisy, Michel Martin.

Nous les accompagnons en pratiquant Mitori-geïko, impressionnés par le silence quasi religieux, la précision des gestes, la beauté des tirs et le ballet des archers dans l’espace.
C’est magique, nous sommes sous le charme. C’est sans doute vers cette perfection que notre travail nous rapproche…………à pas de fourmis.

  • « Pratiquer, pratiquer, pratiquer, il est là, le secret ! », répètent inlassablement les sensei.

A la fin du Shareï, les archers se placent face aux Sensei pour les commentaires.
Pourquoi des commentaires, à nos yeux c’était parfait !.

  • « A chaque étape de notre évolution », dit Laurence, « nous devons retrouver l’âme du débutant qui sommeille en nous ».

Les commentaires sont riches, Thierry dépasse son temps de parole avec humour mais c’est pour la bonne cause.

Là encore, les remarques pertinentes offertes avec bienveillance ne sont que pure générosité puisqu’elles servent à avancer dans la voie de l’arc.

  • « Tu pourrais essayer un arc plus fort…. »,
  • « Au niveau du Mézukaï,…. »,
  • « Vouloir trop bien faire nuit à l’harmonie entre les archers….. »
  • « Le rythme, la respiration….. »

Mais…. ce sont les fondamentaux !. Les « grands » aussi revisitent les fondamentaux !.
Silence, dubitatif cette fois : ce n’est pas fortuit si Claude a centré son enseignement sur le Shahô-shagi no kiho dès le début du séminaire….. Une petite phrase de Charles Louis répétée à l’occasion d’une citation de la page 30, de la page 67, de la page 130 prend une dimension nouvelle :

  • « A quoi ça sert que nous nous soyons décarcassés à traduire le manuel de Kyudo si vous ne l’utilisez pas ! ».

De quoi méditer…….

Les meilleures choses ont une fin :

Impossible de décrire tous les temps forts de ce séminaire tant ils furent nombreux.
Une chose est certaine, chacun y a trouvé son compte :

  • Retrouver des visages familiers, nouer de nouvelles amitiés,
  • Partager des moments de convivialité, harmoniser sa pratique du Kyudo en soi et avec les autres,
  • Thésauriser conseils et images qui permettront de travailler seul puisque le « premier professeur de chacun c’est soi- même » explique Claude, « le deuxième…. »
  • Découvrir les règles spécifiques et le rythme rapide du Taïkaï, faire des scores, se classer individuellement ou par équipe, ne pas se classer mais passer un bon moment.
  • Reprendre l’entraînement après le stage, des projets plein la tête…..

Le visage radieux, Laurence et Claude clôturent le stage, satisfaits : qualité, intensité, bienveillance, générosité, tous ces ingrédients offerts sans compter ont contribué à la réussite de ce séminaire. Un de plus ! Et ce n’est pas le dernier….

Le regard de Claude semble se poser sur un horizon pas si éloigné que cela. Sans doute contemple-t-il déjà, par la pensée, le séminaire national ou international qui sera organisé, un jour prochain, dans le futur Kyudojo National de Noisiel ?

Martine Leclerc

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