CR – Stage AKBG SDK et coupe d’automne CTKyudo ARA – 17 et 18 novembre 2018

Ces événements ont été organisés par la section Kyudo du Shung Do Kwan (Genève). Ils présentaient une dimension par­ticulière, puisqu’il s’agissait du dernier stage qu’Erick Moisy Sensei donnerait en tant que Sensei officiel du Dojo, en raison de leur prochain départ à la retraite de lui et Mireille Moisy­ Legrois. De ce fait, le Tokonoma comportait une calligraphie inscrite « Esha Jori » (« tout ce qui se rencontre doit se sépa­rer »), une photographie datée de 1982 sur laquelle on recon­naît entre autres Erick, Mireille et Pascal Krieger, qui a eu un grand impact sur la pratique d’Erick ainsi qu’un joli arrange­ ment floral.

Stage (samedi 17 novembre)

Le matin, après la mise en place du Dojo, a eu lieu un entraînement supervisé par Erick Moisy Sen­sei Renshi 6 e dan ANKF. Celui-ci a donné à cette occasion deux explications d’intérêt général. L’une concerne le Kiza, posture souvent douloureuse qui demande de l’exercice et de la maîtrise de soi. A titre d’exemple, Erick a cité Kamogawa Sensei, qui prenait son bain tous les soirs en Kiza. En 2007, à Tokyo, Kamogawa Sensei, alors âgé de plus de quatre-vingt ans, marchait péniblement dans les couloirs, ce qui ne l’empêcha pas de faire un Yawatachi au Taikai irréprochable. La deuxième expli­cation concernait la méthode d’apprentissage par Mitori Geiko. Depuis quelques années, Erick ap­plique dans un premier temps cette seule méthode sur les débutants. L’observation puis la reproduc­tion de ce qui a été observé donne de bons résultats.

L’après­midi a débuté avec un Yawata­chi où Erick était accompagné de Christine (Dai Ichi Kaizoe) et Cédric Jeanneret (Dai Ni Kaizoe), les plus hauts gradés du Dojo après Erick et Mi­reille, pour symboliser la passation. Tous les participants ont ensuite effec­tué un Sharei de Ite Gyosha. Erick a ensuite évoqué en particulier trois points de Taihai. Le premier concerne le déplacement de Honza à Shai. Lors de ce déplacement, les prati­quants ont tendance à se désaligner. Il ne s’agit pas d’une question de lon­gueur de jambe. La distance officielle entre Honza et Shai est de 2 m. Chacun est censé s’arrêter à une longueur de tibia de Shai, ce qui correspond environ au diamètre d’une cible. Toutefois, comme chacun a des longueurs de tibia différentes, il est plus important de respecter l’alignement des épaules et d’adapter le Hirakiashi pour bien se retrouver sur Shai à la fin du mouvement. Lemeilleur moyen pour parvenir à rester alignés lors du déplacement entre Honza et Shai est de s’en­traîner ; c’est donc ce que nous avons fait, en prenant des lignes au sol pour repère, puis sans aide. Le deuxième point de Taihai abordé est que, lors des mouvements pour se mettre en Kiza puis se re­lever, le dos doit rester bien droit, colonne vertébrale verticale. Pour cela, il faut que les cuisses tra­vaillent. Le troisième point est l’état d’esprit après Otoya. Il est important que le pratiquant, tant qu’il n’est pas hors du champ de vue du public ou des examinateurs, reste dans son tir. La sortie ne doit pas être bâclée, ni trop rapide ni trop lente. En ce qui concerne le tir, Erick a insisté sur les questions relatives au San Ju Jumonji. Les lignes des pieds, des hanches et des épaules doivent rester parallèles au sol et perpendiculaires à l’axe vertical du corps, et ce dès Ashibumi. La flèche doit elle aussi rester parallèle au sol ; elle peut être légère­ ment piqueuse mais ne doit en aucun cas être montante. Il est important qu’à Daisan elle ne pointe pas vers la cible mais reste parallèle à la ligne des pieds. Il en est de même pendant Hikiwake. Après ces explications et une démonstration, nous nous sommes entraînés en tir libre. Puis nous avons for­mé des groupes de cinq personnes, pour permettre le contrôle de ces axes sous plusieurs angles. Pendant que l’un des pratiquants tirait, une personne à l’arrière contrôlait l’horizontalité de la ligne des épaules, une autre à l’avant vérifiait que la pointe de la flèche ne monte pas et une autre encore (au besoin juchée sur une chaise), observait si la flèche restait parallèle à la ligne des pieds. Les cor­rections, concernant ces points uniquement, devaient se faire pendant le tir et non après, si possible par des gestes de préférence à la parole. La cinquième personne du groupe se préparait pour le tir.

Pour clore le stage, tous les participants ont à nouveau effectué un Sharei et Erick, dans un de ces speech dont il a le secret, les a invités à découvrir le site www.kyudo­aktop.com et à pratiquer un Kyudo connecté à sa culture japonaise d’origine.

Tournoi (dimanche 18 novembre)
Le tournoi homologué CNKyudo de catégorie A validant s’est déroulé l’après-midi, après un Yawatachi d’Erick accompagné de Christophe Rolewski Sensei, son plus ancien élève, et de Jean­-Marc Lacombe, coor­dinateur général CTKyudo. Le Taikai a réuni vingt-quatre participants, ras­semblés en huit équipes de trois. L’équipe gagnante du tournoi fut celle de l’AKTBA de Patricia Stalder, Frank Distelbrink et Alexandre Illi. La deuxième place revint à l’équipe K3Y composée de Christophe Rolewski, Isabelle Rosaz et Mary Moens. La troisième équipe fut celle de l’AKBG de Mireille Moi­sy­-Legrois, Christine Jeanneret et Thierry Nivet­-Mazerolles. C’est Christophe Rolewski (K3Y) qui a confirmé son rôle de nouveau Shogo régional en remportant le tournoi individuel, avec huit tou­chés de cibles, départagé de Pierre Guillot (KKPLO), qui obtint la deuxième place. Les troisième et quatrième places revinrent à Frank Distelbrink (AKTBA) et Thierry Nivet­Mazerolles (AKBG), avec sept touchés chacun.
Marie Bagnoud

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