Stage d’initiation Falaise Verte

Stage d’initiation annuel de Kyudo
du samedi 4 au vendredi 10 août 2007

Au Centre Zen de la Falaise Verte, en Ardèche

Ce fut la quatrième année consécutive du stage d’initiation à la Falaise Verte. Le cru de l’année 2007 était pétillant à souhait. Trente-six participants sont venus expérimenter pendant 6 jours, une mise en relation avec le Kyudo d’une façon intensive.
Le site de la Falaise Verte est particulièrement propice à cette pratique. Un Dojo traditionnel de Kyudo y trône. Au coeur d’une nature de type plutôt méditerranéen, l’air se respire avec un plaisir certain, l’oreille est mélodieusement chatouillée par le charme d‘une faune active. Pour donner du goût « au plaisir des yeux », un paysage boisé, très vallonné, dessine l’horizon.
Les généreuses ferveurs solaires, situées sur l’axe Est-ouest, illuminent et inondent le site du matin au soir sans jamais faillir au rendez-vous des longues journées d’été.

Le samedi, jour d’arrivée, une présentation en début de soirée est proposée. Activités du stage et horaires des journées s’égrènent. Le rythme quotidien paraît bien rempli et d’une façon équilibrée. Ce moment est aussi l’occasion de présenter l’encadrement.

  • Erick Moisy Sensei Renshi 6e dan qui dirige le stage.
  • Thierry Guillemain d’Echon Renshi 5e dan
  • Patrick Perrot 5e dan
  • Mireille Legrois 5è dan
  • Loïc Kerisit 4e dan
  • Stéphane Louise 3e dan

Chaque participant est invité, à son tour, à exprimer la motivation de sa venue. D’horizons souvent très divers, les stagiaires évoquent des parcours d’expériences riches en nuances.
Pour la majorité, Le Kyudo était un art Martial encore inconnu avant de prendre connaissance de la possibilité de faire ce stage. Pour d’autres ce fut l‘opportunité rêver de faire les premiers pas dans cette voie de l’arc. Ils en avaient entendu parler, ou découvert l’existence de façon livresque ou bien encore ils avaient pu l’apprécier grâce à des reportages télévisuels.

En parallèle, Maître Taikan Jyoji mentionne la possibilité de pratiquer Za Zen le matin de 7 h et 7h 30 et précise succinctement comment aborder cette méditation et sa posture.

Le dimanche matin, Charles-Louis Oriou Sensei Renshi 6e dan Président de la Fédération présente la pratique du Kyudo avec fougue et motivation.
Ensuite Erick Moisy Sensei Renshi 6e dan responsable de la direction du stage parle de la pratique de façon très complémentaire à celle du président.

Un Sharei (tir de cérémonie) d’ouverture du stage est effectué par 4 archers sur une seule cible (Hitotsu mato yonin sharei) :

  • Laurence Oriou Sensei Kyoshi 6e dan
  • Charles Louis Oriou Sensei Renshi 6e dan
  • Erick Moisy Sensei Renshi 6e dan
  • Mireille Legrois 5e dan

Cette démonstration permet à chacun un contact très direct avec l’essence du Kyudo.
Viennent les premiers instants de l’apprentissage qui peuvent commencer avec des stagiaires enthousiastes face à cette pratique à l’abord plutôt exotique.
Pratique qui paraît relativement aisée et simple lorsqu’on la regarde pour la première fois s’accomplir avec des pratiquants ayant au moins déjà vingt ans d’expérience.
Mais lors des premiers pas, chacun se sent souvent maladroit dans la confrontation de son corps avec la discipline de l’arc.
La première posture abordée fut celle de la position debout. Pas tout à fait celle que nous effectuons tous les jours de façon automatique, mais celle qui consiste à développer son attention et sa conscience avec des références nouvelles. Le fondement de la stature prend un sens nouveau, les déplacements s’apparentent plus à un glissement sur le sol qu’à la marche quotidienne. Ce ne sont pas les pieds qui suggèrent la marche mais les hanches et le Hara (centre de gravité) qui déterminent le déplacement.
Voilà donc que chacun s’applique à reproduire l’exemple montré. Il ne s’agit pas d’ailleurs de marcher correctement en 5 minutes, mais d’expérimenter, de s’initier à un mode nouveau de stature et de marche. C’est un changement peu spectaculaire en apparence, mais qui va révolutionner le mécanisme des habitudes déjà en place dans le corps et l’esprit.
Tel est l’objectif, effleurer les divers aspects de la pratique, expérimenter réellement la différence entre l’acte et le discours, s’initier. C’est la vocation de ce stage intensif.

Mais en 6 jours peut-on faire le tour du monde en intégrant tout ce qu’un tel voyage peut comporter de richesse ? D’ailleurs pour cela une vie y suffirait-elle ?
Le Kyudo c’est bien sûr tout un monde, toute une vie. Venir s’initier à une telle pratique sur 6 jours consécutifs est un challenge bien courageux. En commençant le Kyudo avec une fréquence de 1, 2 voire 3 séances par semaine, cela laisse de l’espace, du temps pour assimiler un apprentissage. La démarche ici est différente, mais ce lieu spécifique à la pratique du Kyudo, ce Dojo traditionnel et la dynamique très positive du groupe présent furent sans conteste les deux atouts majeurs qui permirent de refléter parfaitement ce que peut apporter la culture de l’arc japonais.
Plusieurs stagiaires indiquèrent le souhait d’un nombre de stagiaires moins élevé. Ce sentiment est naturel et surtout nos habitudes de vie sont plus spacieuses qu’au Japon. Mais la pratique du Kyudo apprend à développer sa relation aux autres. D’ailleurs entre le premier et le dernier jour, même si le nombre de participants est resté le même, l’impression que le groupe prenait de moins en moins de place au fil des jours fut très nette et cela portait presque à croire que chaque jour 2 à 3 personnes disparaissaient !
Je vous rassure, il n’en était rien, ce phénomène d’illusion était le fait de chacun et de tous. Les tâtonnements du début laissèrent la place à un éveil évident. L’attention collective créa une cohésion naturelle, comme une grande respiration qui harmonisait le groupe.

Chaque journée fut bien remplie. Il fallait assimiler la base des mouvements et des postures grâce à des efforts soutenus de compréhension. Le corps incité à s’adapter aux multiples exercices que la technique suggère et l’esprit appeler à s’insinuer, se fondre par compréhension dans cet art empreint des mystères infinis de l’île du soleil levant !
Mais point trop de mystère ou de mystification, laissons la pratique et son pragmatisme œuvrer de façon naturelle.
Graduellement, chacun à son rythme et avec le rythme du groupe, la progression de jour en jour s’effectuait, se développait, s’affirmait. Erick Sensei, en excellent pédagogue, sut encourager ceux qui parfois perdirent un peu le fil de l’arc. L’abondance d’informations nouvelles n’est jamais aisée à digérer, intégrer lorsqu’on débute. Quelques difficultés physiques momentanées apparurent aussi, ce qui permit à leurs détenteurs de découvrir des muscles jusqu’alors inconnus à leur conscience.

Pour l’encadrement, l’intérêt de ressentir l’évolution de tous fut essentiel. Les six jours du stage permirent d’appréhender, avec acuité, l’importante implication affective qu’avait engendré cette situation particulière d’apprentissage.
Développer un état d’esprit adéquat, quel que soit son caractère ou sa personnalité, c’est l’enjeu initial que requiert le travail à réaliser dans l’art de la voie de l’arc.

Partager son expérience dans ces moments d’initiation avec tous ceux qui ont fait la démarche de cette rencontre est une expérience à renouveler.

Je remercie tous les participants de ce stage d’être venus ouvrir leur cœur et leur esprit à cette pratique ancestrale que j’aime. Aussi bien avec les novices découvrant cette culture qu’avec ceux qui la développent déjà, j’ai éprouvé une grande satisfaction à être là et à y participer.

L’humanité est une valeur essentielle. La développer grâce à l’arc et la flèche, à travers l’infinie progression où nous entraîne le Kyudo, est source de vitalité.
Bravo pour votre présence et vive l’harmonie des coeurs !

Thierry Guillemain d’Echon


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