CR – Stage de Tours, 2009

Compte Rendu – Stage de Tours – 2009

Sous la Direction de Claude Luzet Sensei, Kyoshi, et de Dominique Guillemain d’Echon Sensei, Renshi, Assistés par Marie Becker, Renshi, et Thierry Guillemain d’Echon, Renshi.

Dessin pris sur le vif par Do Delaunay

On aurait dit une estampe d’Hokusai. La pluie tombait en lignes serrées, comme une pluie de flèches. A l’intérieur d’un grand gymnase longeant le Cher, venues de toutes les parties de France, les kyudojins, presque au nombre de cent, arrivés la veille ou le matin même, préparaient leurs arcs, se retrouvaient, prenaient leurs marques.

Claude Luzet Sensei, en introduction, rappela le rendez-vous désormais rituel de Tours dans les événements proposés par la FKT, l’importance, le suivi et la portée de ce stage. Organisé cette année encore avec beaucoup de soin par l’ATKT et Loïc Kerisit, on y venait, on y revenait, ce qui s’y passait laissait aux dires de tous une empreinte chez les enseignants et les participants, tous grades réunis.

Dominique Guillemain Sensei en kai durant le tir de cérémonie

Le tir de cérémonie Yawatashi, pratiqué par Claude Luzet assisté de Dominique Guillemain d’Echon et Marie Becker, donna à voir ce que la parole ensuite réunirait. C’est avec cette cérémonie silencieuse que tous entrèrent dans le rythme de ces deux jours. Dominique partagea des échauffements qu’elle avait préparés et adaptés au travail à suivre. Claude proposa que celui-ci se développe autour de l’image du bambou. Il fit la lecture d’un beau texte associant chez les Indiens Hopi la poussée et la forme de cette tige au chant, c’est-à-dire aux rythmes de la respiration.

Claude Luzet Sensei explique daisan

« Les nœuds du bambou sont les traces du moment où il s’arrêtait de pousser quand les Hopi s’arrêtaient de chanter pour reprendre leur respiration entre deux strophes. » (extrait de Quitus de J. Monod)

Première journée : Enracinement, densité, légèreté du bambou.

L’enseignement de Claude rappela donc, pour être dans un mouvement décomposé mais sans coupure, de visualiser les huit étapes du tir comme une tige qui comporteraient huit nœuds indépendants et en même temps liés entre eux en une seule et même tige.

Tai-Kai : Tous les kyudojins sont prêts.

Il insista sur l’idée de « reconstruire » le tir à partir de son point d’aboutissement, zanshin , en gardant une conscience globale du corps. « La voie n’est pas avec l’arc mais avec l’ossature qui est de la plus grande importance dans le tir ». (Manuel de kyudo page 25)

Claude Luzet sensei durant le tir de cérémonie

Comme la plante, prendre racine dans le sol, déployer les fibres du bambou, sentir la densité du centre (importance de dôzukuri ) – « avoir le milieu pour règle » – pour aller vers la légèreté des extrémités, vers l’eau, vers la lumière. C’est dans cet esprit que se pratiquèrent ensuite tout au long de la journée Itté-gyôsha et kufû-geiko alors que les enseignants, à tour de rôle, corrigeaient les tirs à la mato et à la makiwara.

Marie Becker

Le soir, le taikai emplit le dôjô d’une nouvelle énergie. Il y eut cinq gagnants : Marc Bertin et Bruno Lenrouilly (9 flèches) Maurice Boniface et Michel Dupont (8 flèches) et Marie-Christine Philippe (7 flèches).

Ce fût ensuite le repos de la nuit.

Deuxième journée : L’inspiration qui scande le bambou.

Après l’Hitotsu mato sharei (Dominique, Thierry Guillemain d’Echon et Marie Becker) et le mochi mato sharei (les cinq gagnants du taikai ) le Dimanche fût consacré à l’approfondissement des exercices de la veille, à la correction des tirs, et à la poursuite de l’enseignement.

Thierry Guillemain en Kai durant le tir de cérémonie

Claude insista sur la nécessité d’harmoniser sa respiration, dans une conscience et un rythme personnels (ne pas se sentir contraint mais porté par elle) qui accompagnent le mouvement afin de donner au tir de la vie et de la vérité.

Travailler à rendre sa respiration naturelle. Même si le déroulement des étapes du tir marquent des temps d’arrêt (daisan) tout doit rester fluide, s’écouler dans le mouvement du souffle.

Claude Luzet Sensei aide David Ta dans son Sharei.david

« De nœud en nœud et de silence en silence se lit l’inspiration qui scande le bambou », respirent et soufflent les Hopi lorsqu’ils chantent pour le faire pousser.

Le stage de Tours était animé et conduit pour restituer à tous ses participants cette poussée, ce silence, cette fluidité , cette détermination, cette inspiration.

Marie-Hélène Giannésini

Photos : Philippe Dequincey – Dessin : Do Delaunay

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