Stage LIFKT – Octobre 2008

Stage de la Ligue Ile-de-France
débutants
Samedi 18 et dimanche 19 octobre 2008

 

Encadré par :

  • Patrick Perrot,
  • Christophe d’Alessandro,
  • Gaëtan Bousigué.

Ce compte-rendu de stage développe en particulier les événements et les points suivants :

Samedi matin :

  • mot d’introduction – la calligraphie du stage.
  • yawatashi (tir d’ouverture) : mochi-mato za-sharei (tir de cérémonie en position agenouillée à une cible par tireur).
  • ite gyosha (tir de présentation pour le début du stage) des participants.
  • mochi-mato za-sharei (tous les participants).
  • shaho shagi, en 3 groupes.
    • équilibre dynamique du corps.

Samedi après-midi : coordination respiration/déplacement ; regard :

  • formes fondamentales (kihontai) : kiza, se lever, s’assoir, marcher, tourner en marchant, tourner en position agenouillée.
    • principes de postures et mouvements de base : dôzukuri, ikiai, koshi.
  • le regard (mezukai/metsuke) : entrée dans le dôjô, encochage des flèches.
  • Expression du visage.
  • sharei : mochi-mato za-sharei.

Dimanche matin :

  • sharei : hitotsu-mato san-nin za-sharei (tir de cérémonie à trois, en position agenouillée, à une cible).
  • Shahô hassetsu – kai – tateyoko-jûmonji : les huit étapes du tir – kai – construction de la croix verticale et horizontale.
  • tir libre (makiwara / cible).

Dimanche après-midi :

  • kazu geiko : gomu-yumi / makiwara mae / mato mae sous le regard et les conseils des encadrants.
    • conseils pour la pose des flèches (posture de tenue de l’arc).
    • vérification de la corde et de la flèche (tsurushirabe & noshirabe) : regard et respiration.
  • tir de cérémonie de cloture : mochimato sharei.
  • le mot de la fin

Ce compte-rendu, incomplet et imparfait, reprend quelques points abordés par les encadrants durant le stage, accompagné d’extraits correspondants du Kyudo Manual Volume I Principle of shooting (shahô) / Manuel de Kyudo Principes du tir (shahô). Les pages d’où sont tirées les citations sont notées [M.d.K. p. x- y] pour [Manuel de Kyudo Principes du tir (shahô), page x – paragraphe y].
Le choix arbitraire et limité par ma courte expérience du kyudo de ces extraits fait qu’ils ne peuvent se substituer à la lecture du manuel. Ils ne sont qu’une invitation à le lire et le relire en complément des conseils prodigués par les professeurs durant ce stage et les entraînements dans son dôjô.

Exception faite des quelques joueurs de tennis de passage (intrigués par l’occupation du gymnase Courcelles par cette joyeuse foule en tenue blanche et noire), nous étions 33 participants pour ce premier stage débutants de la LIFKT de cette saison 2008-2009. Sans oublier l’invité spécial de ce stage : le soleil. Espiègle lorsqu’il jouait à aveugler les tireurs, il eut la gentillesse de réchauffer agréablement nos corps fourbus durant les pauses. Il fut un soutient indéfectible à l’ambiance bon enfant du week-end.
Une atmosphère simple, généreuse, amusée par moment, fatiguée parfois, mais toujours attentive, studieuse et motivée. Bref, une ambiance de kyudo.


Shin-zen-bi – 真 善 美 – vérité-bonté-beauté

Après les présentations, Le stage s’ouvrit sur l’explication de la calligraphie de Mme. Misuzu Awata exposée tout au long du stage. Elle était composée des caractères 真 « shin » (vérité), 善« zen » (bonté), 美 « bi » (beauté). Rappelant que le kyudo ne se limite pas à un sport et une technique, « rien n’est plus déplaisant en kyudo que le tir basé sur le seul fait d’atteindre la cible » [M.d.K p. 21 – les deux aspects du kyudo], cette calligraphie nous permettait de méditer ces trois valeurs constituant le but suprême du kyudo.

« shin » vérité : « (…) Dans le kyudo, la Vérité est la réalité primordiale du tir. La Vérité ne saurait tromper. La flèche vole droit vers la cible. C’est la Vérité. (…) » [M.d.K p. 20 – but suprême du kyudo -shin].

« zen » bonté : « La Bonté, dans le kyudo, est envisagée comme une valeur morale. On acquiert, à travers la discipline de l’étiquette (rei), une maîtrise de soi qui élimine les conflits.(…) Heijôjin, qui signifie l’esprit équanime, [implique] une relation harmonieuse et calme à son environnement. Ce n’est pas un état extraordinaire, mais la tranquilité d’âme et la maîtrise de soi que l’on devrait avoir au quotidien. (…) Des réactions négatives aux autres troublent la pratique du kyudo. Il faut, au contraire, cultiver la Bonté (zen) vis-à-vis des autres. Cela aura des répercussions sur la pratique du kyudo et sur sa contribution positive à la société. » [M.d.K p. 20 – but suprême du kyudo -zen]

« bi » beauté : « (…) Accéder à la beauté représente le but suprême de tous les arts. C’est l’aspect de la Vérité s’exprimant à travers la Bonté. Dans le kyudo, qui considère l’arc comme la représentation de la beauté esthétique et spirituelle, ces qualités s’expriment au moyen du tir de cérémonie (sharei) (…) » [M.d.K p. 20 – but suprême du kyudo -zen].

Yawatashi – 矢渡し – tir de cérémonie d’ouverture

Cette présentation faite, Christophe, Gaëtan et Patrick nous montraient sa mise en application par le yawatashi : un mochimato za sharei. Tout en coordination des mouvements, respiration, regard.

Observant attentivement, chacun pensait dèjà au défi à relever : faire de son mieux lors de « ite gyôsha » qui allait suivre.
Pour ce sharei de début de stage, cette volonté des stagiaires ne suffit pourtant pas. La concentration et/ou la confiance en soi manquaient encore pour donner à ces sharei leur pleine dignité, et ce indépendamment du niveau de pratique.

Une pause bienvenue, préparée par la secrétaire de la LIKFT, permis de détendre l’atmosphère et de reprendre quelques forces. Un grand merci à Carole Dubus pour les photos du stage, ainsi que toutes les attentions et les préparatifs pour ce week-end !

Shaho shagi – 射法射技 – règles et technique du tir

Nous étions prêts pour la seconde partie de la matinée. Les participants furent divisés en 3 groupes : mato mae (Christophe sensei), makiwara mae (Gaëtan sensei), gomu yumi (Patrick sensei). Tout en expliquant les règles et techniques du tir, revenaient sur les particularités de chacun, observées lors des sharei.

Sur l’atelier makiwara, Gaëtan sensei a insisté sur l’étude répétée des « diagrammes pour les huit étapes du tir » [M.d.K. p. 127 – 133] et du « shahô hassetsu / les huit étapes du tir » [M.d.K. p. 59 – 73].
Il a en particulier développé l’équilibre dynamique du corps. Pour ashibumi par exemple, nous avons retenu qu’il ne faut surtout pas pas accrocher le sol avec les orteils, mais chercher à plaquer la voute plantaire (tsuchifumazu) au sol, chevilles souples, rechercher le point d’équilibre, orteils allongés, puis stabiliser en affermissant le bas du corps (vriller les pieds, ce qui tendra l’arrière des genoux (hikagami) et serrer les fesses).

Tout en s’appuyant sur les diagrammes pour les huit étapes du tir [M.d.K. p. 127 – 133], il rappela d’autres points contribuant également à cet équilibre : _ « La superposition des lignes des épaules et des hanches doit être sur un même plan, parallèle et au-dessus de la ligne des pieds » [M.d.K p. 128 – Dôzukuri] La position et la tenue de l’arc : au dôzukuri, le hazu (base de la flèche), doit être aligné avec le cinquième noeud intérieur de l’arc (uwanaribushi) et l’axe du corps la tête se trouve entre l’arc et la corde [M.d.K. p. 128 – Dôzukuri]. Au yugamae, le milieu des plumes se trouve dans cet axe, aligné avec la ligne du cou [M.d.K. p. 129 – Yugamae]. A la fin de uchiokoshi, la base de l’arc (motohazu) doit se trouver au niveau de l’abdomen (tanden) [M.d.K. p. 130 – Uchiokoshi]. Ces points s’ajoutant aux règles décomposant ces différents mouvements.

kihontai – 基本体 – formes fondamentales :
kihon no shisei – 基本の姿勢 – postures de base
& kihon no dôsa – 基本の動作 – mouvements de base

Après un bref récapitulatif de la matinée, nous travaillons dans l’après-midi les formes fondamentales (kihontai) et le regard (mezukai / metsuke). On nous énumèrent les 12 composantes du kihontai (divisé en 4 Postures de base statiques / kihon no shisei et 8 mouvements de base dynamiques / kihon no dôsa) [M.d.K. p. 29], puis Christophe sensei et Patrick sensei nous rappellent l’importance de la coordination entre les mouvements et la respiration.

« Il est important de bien connaître les attitudes et les gestes corrects pour se lever, s’assoir, s’avancer et reculer (kikyo-shintai). Cela deviendra « le corps animé de vie » (sekkai / jittai). S’attacher à la forme sans l’esprit produirait l’effet inverse, « le corps sans vie » [M.d.K. p. 30 – principes des postures et des mouvements de base 1.]

Nous revenons en particulier sur :
kiza [M.d.K. p. 34 – Kiza] : les talons sont joints, les fesses au-dessus des talons, sans contact ce qui est de toutes façons difficile en maintenant le dôzukuri.

  • lors d’un « ikasu », le fémur gauche « rentré » dans le bassin facilite la tenue du kiza.
    • se lever [M.d.K. p. 35 – kihon no dôsa 1] :
    • « en inspirant, amener les hanches en avant.
    • expirer.
    • avancer légèrement le pied gauche, sans toucher le sol du talon, en inspirant. L’axe du mouvement de se lever doit rester sur les orteils, et sans affaisser le torse, le pied droit est ramené le long du pied gauche.
    • expirer. »
  • s’assoir [M.d.K. p. 36 – kihon no dôsa 2] :
    • « depuis la position debout, en inspirant, reculer le pied droit d’un demi-pied en arrière en ligne droite.
    • terminer le mouvement en expirant. conserver au torse une position correcte (dôzukuri) en veillant à ne pas affaisser la partie supérieure du corps et des hanches.
    • en même temps que l’on descend les hanches (en inspirant), amener le genou droit au contact du sol, descendre le genou gauche vers le droit, ce qui provoque le glissement du genou droit vers l’avant de façon à amener les deux genoux sur une même ligne. Cette action du genou droit résulte d’une poussée des hanches.
    • terminer le mouvement en expirant sans oublier d’étirer la partie supérieure du corps vers le haut. »
  • marcher [M.d.K. p. 38 – kihon no dôsa 3] :
    • « le torse (dôzukuri) ne doit pas s’affaisser, ni les genoux trop se plier.
    • la plante des pieds ne doit pas être visible.
    • les déplacements du corps doivent être entraînés par le bassin et les hanches avancer « avec les hanches », comme tiré par un fil à partir de l’abdomen.
    • pendant la marche, la partie supérieure du corps est portée par les hanches en harmonie avec la respiration (ikiai), ajustée calmement de manière à se synchroniser avec l’action de la marche qui devrait glisser sans balancement 2 pas = 1 respiration.
    • lorsque l’on marche en tenant l’arc (toriyumi no shisei), la pointe supérieure de l’arc (urahazu) doit être à environ 10cm du sol. »
  • tourner en marchant [M.d.K. p. 39 – kihon no dôsa 5] :
    • « pour effectuer un mouvement vers la droite en marchant, commencer par placer tout son poids sur le pied gauche.
    • faire un petit pas en formant un L avec le pied gauche, le pied gauche suivant d’un pas normal. Pour tourner à gauche, procéder de la même manière en inversant les pieds droits et gauche.
    • le mouvement de tourner vers la droite ou vers la gauche (…) doit être une action des hanches autant que des jambes.
      Veiller à ne jamais tourner le dos au kamiza pendant tout mouvement de changement de direction. »
  • tourner en position agenouillée (hirakiashi) [M.d.K. p. 40 – kihon no dôsa 6] :
    • « en position kiza, en inspirant, amener les hanches vers l’avant tout en redressant le corps. (lorsqu’un genou est levé (ikasu), veiller à poser ce genou sur le sol avant de commencer à tourner.
    • en appui sur les genoux, expirer à l’achèvement de ce mouvement.
    • concentrer son attention sur la direction vers laquelle on va se tourner.
    • en inspirant, tourner les hanches, en amenant le genou droit (par exemple, pour tourner à gauche) de façon à ce qu’il forme un angle de 90° avec le genou gauche.
    • pendant ce mouvement, les deux genoux doivent autant que possible rester en contact.
    • continuer à tourner en effectuant un mouvement complet de rotation des hanches tout en abaissant les fesses vers le talon droit. _ L’action de tourner amène naturellement la jambe gauche à se rapprocher de la jambe droite. Le mouvement de rotation doit s’effectuer sur la durée d’une inspiration.
    • achever le mouvement, en se mettant en kiza, et expirer. »

On remarque que dans ces extraits du Manuel de Kyudo et les diverses remarques des encadrants, trois points reviennent souvent : la respiration, en harmonie avec les les divers postures et mouvements, qui partent des hanches et sont toujours soutenus par un dôzukuri et une tenue correcte. La première partie de l’après-midi fut donc consacrée à la pratique des mouvements décrits ci-dessus, en ayant à l’esprit ces critères indispensable pour leur « donner vie ».

Le Manuel de Kyudo revient souvent sur ces points :

  • Lorsqu’on se lève, s’assoit, qu’on avance ou qu’on recule (kikyo-shintai), il est important de maintenir la position du torse (dôzukiri) tout au long du mouvement (…). La mise en place du torse (dôzukuri) ne doit pas être accomplie seulement sur la ligne de tir (shai), mais déjà exister au moment de pénétrer sur l’aire de tir. » [M.d.K. p. 30 – principes des postures et des mouvements de base 2.]
  • « Il est souhaitable que les mouvements soient en harmonie avec une respiration correcte. » [M.d.K. p. 30 – principes des postures et des mouvements de base 4.]
  • « Chaque mouvement doit s’appuyer sur les hanches (koshi). Les hanches sont la partie centrale du corps. Les hanches doivent former la base des mouvements tels que s’incliner, se lever, s’assoir, marcher, se tourner (…) » [M.d.K. p. 31 – principes des postures et des mouvements de base 5.]
  • Enfin, pour clore cette première partie, les encadrants nous rappellent aussi ce paragraphe :
  • « Dans les premiers temps de l’apprentissage, il faut accomplir chaque mouvement en s’en tenant aux principes de base, et même s’il vaut mieux que les mouvements soient faits approximativement plutôt que trop contrôlés, il faut cependant essayer de respecter les points essentiels.(…) » [M.d.K. p. 31 – principes des postures et des mouvements de base 8.]

mezukai 目づかい / metsuke目付け – le regard

Durant la seconde partie de l’après-midi, le regard (mezukai / metsuke) fut travaillé.
« Il est très important de faire attention au regard (Mezukai), l’état d’esprit de l’archer se reflétant dans la concentration et la maîtrise des mouvements des yeux. Pour cela, il est recommandé de fermer à demi les paupières et de concentrer son regard le long de l’arrête de son nez. Il est important de faire montre de vitalité mais sans tension excessive. » [M.d.K. p. 30 – principes des postures et des mouvements de base 3.]

« La qualité du Mezukai a une grande influence sur la respiration et la posture. » [M.d.K. p. 58 – 4. utilisation du regard – Mezukai] Patrick sensei nous détailla le mouvement des yeux à l’entrée du dôjô lors des 8 premiers pas d’un sharei :

Pour ômae :

  • avant l’entrée dans le dôjô, yugamae, paupières à demi baissée, regard suivant l’arête du nez vers un point à environ 4 mètres devant soi.
  • 1er, 2e pas : regard à 4 mètres.
  • 3e pas : le regard se lève vers le jury (ou kami-za).
  • 4e pas : regard sur le jury.
  • 5e, 6e pas : le regard s’abaisse en suivant le corps.
  • 7e, 8e pas, le buste se relève, à la fin du mouvement le regard est à 4 mètres.

Pour jiteki et les tireurs suivants :

  • avant l’entrée dans le dôjô, yugamae, regard à 4 mètres.
  • 1er pas : regard à 4 mètres.
  • 2e pas : le regard se lève vers le jury.
  • 3e pas : le regard s’abaisse en suivant le corps.
  • 4e pas, le buste se relève, à la fin du mouvement le regard est à 4 mètres.

Lors des ateliers makiwara / cible (tir libre), les mouvements des yeux et de la tête furent aussi détaillés lors de la pose des flèches [M.d.K. p. 53 – encocher les flèches – yatsugae dôsa] :

Haya (première flèche) :
« tout en maintenant la posture correcte du torse (dôzukuri), amener les flèches de la main droite par l’extérieur de l’arc, comme pour prendre quelque chose dans ses bras, et ce faisant, identifier les flèches, celle qui va être tirée en premier et celle qui va être tirée en second.. » (voir aussi photo 6, p. 80)

  • sans bouger les yeux (regard le long de l’arête du nez), la tête tourne en suivant du regard la flèche vers sa base (hazu).
  • « en tenant la flèche qui sera tirée en premier (haya) entre l’index et le majeur de la main gauche, faire glisser la main droite le long de la flèche jusqu’à l’encoche. »
  • le regard toujours fixe (le long de l’arête du nez), la tête tourne en suivant le déplacement de la main droite.
  • tourner la flèche pour orienter le hazu correctement avant ou après le déplacement, et non pendant.

Enfin, un excellent « tuyau » des encadrants pour aider à avoir une expression faciale correcte :

  • Garder les machoires fermées, mais sans serrer
  • Poser la langue sur le palais. Ceci aide à avoir l’expression faciale neutre requise lors de la pratique du tir. « L’une des carastéristiques du Kyudo est qu’il exige un strict contrôle de soi et une stabilité des émotions. » [M.d.K. p. 58 – 5. le travail de l’esprit (kokoro) et l’energie spirituelle (ki) – shinki no hataraki]. Faire transparaître des émotions, désirs ou déceptions à travers son regard ou son visage est incompatible avec les éléments fondamentaux de la technique de tir ; d’où l’importance de ce « tuyau ».

Pour plus d’informations sur le regard, on peut relire [M.d.K. p. 58 – 4. utilisation du regard – Mezukai] et [M.d.K. p. 58 – 5. le travail de l’esprit (kokoro) et l’energie spirituelle (ki) – shinki no hataraki].

La journée s’achève par un mochi-mato za-sharei, commencé par les 3 encadrants, suivis des participants. Tout le monde cherche à mettre en application dans le tir les exercices de la journée, et l’amélioration par rapport au sharei du matin est très nette. Que ce soit pour le regard, la coordination entre les tireurs ou entre les mouvements et la respiration, ce sharei est bien plus homogène et harmonieux que celui du matin. Chacun rentre chez soi, peut-être un peu fatigué, mais certainement heureux de ces quelques heures passées à pratiquer le kyudo ensemble.

Hitotsu-mato san-nin za-sharei – 一つ的三人座射礼 – tir de cérémonie à trois, en position agenouillée, à une cible

Après quelques étirements, la journée du dimanche s’ouvre sur un hitotsu-mato za-sharei de Gaëtan sensei, Patrick sensei et Christophe sensei. Si, dans l’assistance, nous songeons tout d’abord aux difficultés techniques de ce tir de cérémonie, le plaisir qui nous parcourt à la vue de ce ballet harmonieux fait vite oublier cet aspect, de même que le réveil difficile et les douleurs des kiza à venir. Nous sommes fin prêts à attaquer cette deuxième journée.

tateyoko-jûmonji – 縦横十文字 – la croix verticale et horizontale (shahô hassetsu – 射法八節 – les huit étapes du tir : kai – 会 – pleine extension)

Patrick sensei et Gaëtant sensei, poursuivant le travail amorcé la veille, nous expliquent l’importance du « tateyoko-jûmonji » – la croix verticale et horizontale dans le kai – pleine extention :
« Lorsqu’on est dans la phase de pleine extension (kai), il est nécessaire que tous les points du tsumeai travaillent ensemble afin de construire la croix verticale et horizontale (tateyoko-jûmonji) correctement.

  • Construction de la ligne verticale
    Vue d’en haut, les plantes des pieds, les hanches et les épaules doivent se trouver sur un même plan. La colonne vertébrale et la nuque sont étirées vers le haut, de telle façon que la partie supérieure du corps étant étirée, la partie inférieure du corps soit stable. C’est ce qu’on appelle sanjû-jûmonji (un arrangement en croix avec trois axes horizontaux empilés les uns sur les autres), condition fondamentale pour construire la ligne verticale. Il est important de faire travailler l’arrière des genoux (hikagami) (…) pour que les jambes soient bien stables.

  • Construction de la ligne horizontale
    Pour la ligne horizontale, les deux épaules sont à la base du travail des deux coudes et de la tension équilibrée entre les bras gauche et droit. Pour arriver à cet équilibre entre la gauche et la droite, il faut utiliser les tendons des bras. Il faut aussi garder à l’esprit qu’il n’y aura pas d’équilibre dans la tension des bras en utilisant uniquement la force des doigts et des poings. Par ailleurs, pour arriver à équilibrer la tension entre la base du pouce (tsunomi) de la main gauche (oshide) et le coude droit, il faut essayer de séparer la gauche de la droite à partir du centre de la poitrine (comme si on ouvrait la poitrine). » [M.d.K. p. 69 – Tsumeai -unification des points d’ancrage du corps] ([M.d.K. p. 56 – Forme de base du corps – La croix verticale et horizontale (tateyoko-jûmonji) plus les cinq croix (gôjû-jûmonji)])

Toujours en cherchant à mettre en application ces enseignements, la matinée s’achève par quelques série de tirs libres sous le regard de Patrick sensei et Gaëtan sensei.

kazu-geiko – 数稽古 – « nombre »-« entrainement » (tir de nombreuses flèches pour mettre en pratique les enseignements tout en renforçant l’endurance).

Dimanche après-midi, nous poursuivons le travail du matin par un kazu geiko, partagés en alteliers mato mae (Patrick sensei, Gaëtan sensei) et makiwara mae (Christophe sensei).

Tout en précisant bien que cela n’est pas exigé à notre niveau, Gaëtan sensei nous explique comment éviter de perdre du temps en positionnant les flèches avant l’entrée dans le dôjô (pour le toriyumi no shisei) :
Prendre haya horizontalement, positionner hashibara sur le haut.
Positionner otoya horizontalement, hashibara en bas, et poser hashibara de otoya sur celle de haya.
En procédant ainsi, les flèches se trouvent dans la bonne position pour la pose précédent le tir.

Nous travaillons aussi le regard lors du « tsuru-shirabe ». On peut se référer au [M.d.K. p. 81 – Matomae za sharei – 2 – Note] pour le tsuru-shirabe (vérification de la corde) et pour le no-shirabe (vérification de la flèche) :
« Le but lorsque l’on vérifie la corde (tsuru-shirabe) est de régulariser et de centrer la respiration. Utiliser l’encoche de la flèche comme point central, le regard va vers le haut et vers le bas de la corde, sur une distance de 20 à 30 cm.
Ensuite, à partir de l’encoche, le regard suit la flèche jusqu’à la cible, et dans un deuxième mouvement, revient à l’encoche. (…) »

  • la tête fixe, monter le regard à partir de l’encoche en suivant la corde (inspiration).
  • la tête toujours fixe, le regard vérifie la corde vers le bas (expiration)
  • la tête tourne et suit le regard le long de la flèche à la cible (inspiration)
  • de même, la cible à la base de la flèche (expiration)

Gaetan sensei nous fait part d’une technique qu’il emploie, lui permettant d’harmoniser son tir sur le rythme de la personne le précédant lors d’un sharei :

Tireur devant soi Soi
hikiwake-> daisan (inspiration) vérification de la corde (vers le haut) : inspiration
dansai (pause) (expiration) vérification de la corde (vers le bas) : expiration
daisan->kai (inspiration) vérification de la flèche, de l’encoche à la cible : inspiration
kai (expiration) vérification de la flèche, de la cible à l’encoche : expiration

Le stage se clôt par un mochi-mato za-sharei pour tous, suite à quoi chaque encadrants fit un compte-rendu global et individuel.

On a pu remarquer que certains ont beaucoup progressé durant ces deux jours. D’autres ont eu plus de difficultés à corriger leurs points faibles. Mais, en fin de compte, la mise en pratique des conseils prodigués par les encadrants, la relecture du manuel, la pratique dans les dôjô devant, avec le temps, aplanir ces différences et mener à une amélioration pour chaque participant, nul doute que l’assiduité et la persévérance de chacun se révèleront payantes.

Merci aux différents participants et les membres de la LIFKT pour leurs efforts. La bonne humeur, les petites attentions individuelles de beaucoup ont certainement contribué à rendre ce stage aussi chaleureux qu’intéressant.
Reste enfin à remercier encore une fois Patrick sensei, Christophe sensei et Gaëtan sensei pour leurs attentions envers chaque joueur, le temps et le travail consacré à la préparation et la tenue de ce stage agréable et enrichissant.

Yann Quémard

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