CR – Stage d’Orsay Février 2010

Entraînement hivernal à Orsay

Une foule de kyudojins s’est pressée le samedi 13 et le dimanche 14 février au kyudojo d’Orsay, sis gymnase Blondin, pour un stage tous niveaux LIFKT. Le stage dirigé par Claude Luzet, kyoshi 6ème dan ANKF a été impeccablement organisé grâce aux bons soins du dojo AKV du Club Athlétique d’Orsay.

Le gymnase spacieux a pu accueillir les quelques 72 inscrits (et en fait plus de 80 présents) malgré ou grâce à des conditions climatiques plutôt glaciales à l’extérieur, et très fraiches à l’intérieur du dojo. C’est donc la forme imprévue du kangeiko (entraînement hivernal) qui a marqué ce stage.

Le kangeiko, un dérivé de l’ancienne tradition japonaise du kanmairi (pèlerinage d’hiver), est pratiqué en effet au Japon par :

« … beaucoup de personnes qui croient que l’exercice d’un sport, d’une profession ou d’un art dans le froid de l’hiver peut améliorer leur talent. Au lieu de se rendre au temple et de s’y plonger dans l’eau glacée, les jeunes gens se rendent en courant sur le terrain de sport ou sur le Dojo de Judo afin de s’exercer, les musiciens jouent dans le froid jusqu’à ce que leurs doigts glacés ne puissent plus bouger, tandis que d’autres fanatiques de l’entrainement par le froid n’hésitent pas à traverser des rivières à la nage ou à s’asperger d’eau froide en plein hivers » (Louis Frédéric, Japon intime, édition du Félin, 1986, p. 29-30)

une coutume qui a perduré en particulier dans le kyudo :

« M. Hulsewé et le Dr. Fahs venaient souvent à la halle de tir à l’arc, et un hiver nous fîmes le Kangeiko (littéralement, « froid –entrainement ») ensemble pendant deux semaines. Cela consiste à se lever à cinq heures du matin et à s’habiller tandis qu’il fait encore nuit. Nous tirions d’abord une centaine de flèches d’un coup dans le rouleau de paille, aussi vite que nous pouvions encocher les flèches sur la corde, et ensuite seulement nous commencions à tirer à la cible »
(William R. B. Acker, « The japanese art of archery », 1937, manuscrit, p XI, traduction de l’auteur.)

Mais il faut reconnaître que le froid n’était pas prévu au programme, et que l’avis des européens quand au bénéfice des basses températures est par tradition plus nuancé:

« En considérant la saison un archer sage suivra le bon marin : en hiver et en temps rude, les petits navires et les bateaux à fine poupe abandonnent la mer ; et a une époque de l’année, aucune galère ne prend le large. De la même façon, les archers faibles utilisant des flèches petites et creuses et des arcs de faible puissance de laisser la place pour quelques temps. Et je ne dis pas ceci pour décourager les archers faibles : car de même qu’il n’y a pas de meilleur navire qu’une galère sur une mer calme et douce, de même personne ne tire plus bellement ou plus précisément que certains archers faibles ne le font en un temps beau et clair. »
(Roger Ascham « Toxophilus » 1544, traduction John Roux, édition Emotion primitive 1998, p. 102)

Pour revenir à notre quasi-kangeiko, après le salut initial, le stage s’est ouvert par le son des deux flèches résonant dans la cible, lors du Yawatashi.

La matinée de samedi a été consacrée aux deux flèches du tir d’ouverture pour tous les participants, depuis le renshi 6ème dan jusqu’au mudan très fraichement initié à l’art du tir.
Le programme des deux jours à porté sur le Kaï, étudié sous l’angle de Shahô : le Kaï, de sa construction dans le Hikiwaké à son expression dans le Hanaré et de Taïhaï : la nécessité du travail du Taïhaï pour la réalisation du Kaï.
Avec les huit cibles et les trois makiwara, malgré le nombre élevé de participants, chacun a pu profiter de l’enseignement de Claude Luzet sensei et également s’entrainer assidument.
Le stage s’est achevé dimanche soir, pour les participants au séminaire IKYF d’avril prochain, par un tir de forme examen.

Christophe d’Alessandro
Photos : Jean Barrois

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