CR – Coupe LIFKT enteki

Lever très matinal pour un dimanche, 8h. Le temps est incertain, la journée n’attaque pas sous les meilleurs auspices. Pas très réveillé j’oublie T-shirt et collants. Tant pis. Shôganai comme disent les Japonais : “on ne peut plus rien y faire”. Nous sommes chaleureusement accueillis à Tournan par l’AMKT, avec le café et les viennoiseries. Puis nous passons la tenue, et partons pour le pas de tir, le barnum déjà installé, pour la séance de “réglages” de 10h à 12h. Pour moi, c’est la première fois pour le tir enteki, il y aura donc beaucoup de choses à régler.

Un premier regard sur les cibles me dit que oui, elles sont loin, mais la distance n’est pas si impressionnante que ça. Claude Luzet-sensei commence par expliquer aux débutants les principes du tir enteki, principalement par ses différences avec le tir “kinteki” : un ashibumi un peu plus resserré, commencer comme un tir normal puis incliner tout le haut du corps, viser à travers la main gauche, bien penser au nobiai. Premiers essais de réglages, Claude Luzet-sensei et Patrick Philippe distribuent leurs conseils et encouragements.

D’accord : effectivement, c’est vraiment loin ! Les premières flèches me démontrent toute l’importance du nobiai : à hauteur de visée égale, la distance dépend considérablement du nobiai. Un coup devant, un coup au dessus de la cible. C’est aussi l’occasion idéale pour travailler mon kai : je démarre comme un tir kinteki, je vise… ah non, mince, il ne faut pas monter que la main gauche. Je reviens en kai de kinteki, puis j’incline tout le haut du corps, je reprends le nobiai… jusqu’au hanare. Cela fait un bon 15 s de kai, mais vraiment pas terrible pour la continuité du hikiwake. Les flèches, l’espace ouvert autour de soi. On commence à saisir la notion d’extension à l’infini devant, derrière, au dessus, … L’immersion commence à fonctionner, les flèches se rapprochent de la cible et même touchent parfois. Le yatori prend des allures de Lundi de Pâques : chacun cherche ses flèches cachées dans l’herbe ou plantées dans la butte.

Après les 3 séries de réglages de 4 à 6 flèches, nous fermons le barnum en cas de pluie, et nous allons déjeuner dans la salle commune. Des kyudojins sortent alors leur potion magique spéciale Taikai, disponible en rouge et blanc, en 75 cL ou en 1,5 L. Dedans, l’ambiance est fort chaleureuse. Dehors, le temps se gâte. Après s’être inscrits et avoir bu un café, nous sortons pour le taikai. Claude Luzet explique le déroulement du taikai, avec comme objectif premier que Tournan ne remporte pas les 3 coupes dames, messieurs et équipes comme l’année précédente . Puis on assiste au yawatashi par Patrick Philippe, vainqueur du tournoi de l’an dernier, assisté de Nadine Meyer et Stéphane Louise. On commence vers 14h le taikai, par séries de 3 groupes de 3 tireurs, pour un total de 7 équipes de 3 et une équipe de 2. Il commence à pleuvoir légèrement, avec des petites bourrasques de vent. On sent bien les éléments extérieurs, surtout la pluie fine dans le dos, avec le vent pour rehausser le froid. Nous devons faire une pause en raison de la pluie qui s’intensifie, puis on termine la série vers 16h, juste à l’heure et juste à temps, la pluie redoublant d’intensité.

Claude Luzet procède au décompte des points et à la remise des prix : vainqueur de la coupe “dames”, Sylvie Beurley (AMKT) ; vainqueur “messieurs” Patrick Philippe(AMKT) ; et vainqueurs équipes, Tournan équipe 1, composée de Mickaël Gros-Jean, Guy Imbert et Patrick Philippe . C’est donc raté pour l’objectif n°1.

Nous rangeons arcs, gants et flèches pour nous replier à l’intérieur, au chaud. Tournan et la LIFKT nous offre un pot : café-de-Paris-pêche pour certains, thé pour d’autres, accompagnés de gâteaux maison. Au final, c’est très agréable de tirer en extérieur dans un espace étendu (malgré la pluie et le vent), et dans une ambiance chaleureuse grâce à l’accueil et l’organisation impeccable de Tournan et la sympathie des participants. On prend aussi la mesure de la difficulté à tirer à longue distance, pour l’origine guerrière du Kyudo.

Demain à l’entraînement, c’est nobiai.

Christophe Seyve

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