CR – Stage LIFKT Falaise Verte

Est-ce parce que le chemin sinueux qui mène jusqu’au centre oblige à une extrême attention et à coller à la route ? Ou alors par cause des forêts, de la rivière et du relief magnifique de l’Ardèche ?

Toujours se fait-il que lorsqu’on arrive à La Falaise Verte on est déjà, d’une certaine façon, dans le kyudo. Puis le lieu, conçu et développé pendant des années par le maître Zen Taïkan Jyioji, avec son esthétique particulière, sa simplicité et son calme… ensuite la qualité de l’accueil, et évidemment le niveau de l’enseignement des Sensei Dominique et Thierry Guillemain d’Echon. Tout cela se conjugue pour faire de ce stage un moment de grand enrichissement personnel.

La possibilité de faire du zazen, méditation assise, dans un vrai zendo consacré à cette pratique, bien qu’optionnelle, est une chance que peu de personnes ont manqué de saisir et à 6h55 nous étions presque tous là pour le début de la séance. Certains commençaient à 6h….

Le kyudo y est pratiqué dans un dojo à la japonaise, avec seuls le lieu de tir et la ciblerie couverts, une grande étendue de gravillons entre les deux (jardin sec), les arbres et la nature autour. À diverses heures de la journée, au fil de la lumière changeante, parfois sous la pluie que les flèches traversent, parfois face aux éclairs, entrecoupés du tonnerre, d’éclaircies resplendissantes et des chants d’oiseaux. Quel bonheur d’apprendre dans un tel contexte !

Le stage commence chaque jour par un tir de cérémonie différent, exécuté avec grande maîtrise par les Sensei, plusieurs fois accompagnés par une pratiquante avancée qui séjournait dans le Centre (Christine Jeanneret, 4e dan ANKF) : Hitotsu-mato, Yawatashi, Tachi Sharei… Moment très inspirant pour nous, on apprend en regardant (Mitori Geiko), bien sûr, mais aussi on s’installe dans un rythme et dans une attitude de respect et d’attention maximale, presque de recueillement.

Puis le moment vient d’aborder le thème du stage : « l’équilibre dans la pratique», et notamment à travers les diverses phases du tir, les 8 Hassetsu.
Le kyudo est un art que l’on doit toujours approfondir et rien n’est plus salutaire que de reprendre les choses à la base. Et cela même à partir de l’enracinement, l’Ashibumi, l’ancrage au sol qui seul permet (et prend sens à partir de) la verticalité, le Tatesen ; une grande attention fût portée à cet aspect. Puis les autres phases du tir, Dôzokuri, Yugamae etc, pas à pas, jusqu’au Kai et au Zanshin, toujours sous le signe de l’extension verticale et de la respiration.

Entrecoupés pas les moments de détente et les repas, dont il faut signaler l’excellente qualité de la nourriture végétarienne, les séances reprennent. De brèves tranches horaires de service aussi, en cuisine ; important dans le zen, le samu, travail manuel, fait partie de l’enseignement.

Pendant ces pauses, un moment privilégié nous fut proposé par Asuko San, assistée de Marc Antoine, qui nous offrirent une cérémonies du thé . Marc Antoine nous fit bénéficier d’explications très enrichissantes ; chacun eut la possibilité d’être « invité » à prendre le thé.

Ces trois jours nous permirent de nous familiariser avec le tir en situation dans les pratiques variées, le Sharei, évidemment, mais aussi tournois (Taikaï), examen, et tir libre les soirs. Pour le Sharei, le travail sur la respiration, qui permet de lui donner un rythme soutenu et harmonieux a été un enseignement de grand profit. Déplacements, salut, postures, tout y est passé au crible.

Ces séances avec une unité thématique claire permettent d’asseoir ses apprentissages et de les intégrer dans la mémoire. Mais cela n’implique pas que l’on ne puisse pas aussi se perdre et avoir de moments de doute… pour mieux par la suite se retrouver ; c’est à ce prix qu’on avance et qu’on se redécouvre, en approfondissant des sensations et des compréhensions.

On se rend compte que dans le Kyudo on ne finit pas de recommencer et rien n’est jamais acquis pour toujours. La voie de l’arc se montre peu à peu, se dévoile progressivement dans son essence, pour chacun à son niveau, bien sûr, mais avec le sérieux et le calme des Sensei, redoublés d’une forme particulière de gentillesse remarquée par tous les stagiaires, cela nous confirme dans l’intuition qui nous a amenés, chacun à sa façon, à faire du kyudo. Sans doute pour la beauté et pour la discipline, mais aussi comme une façon de nous améliorer en tant qu’être humains.

La dernière séance arrive, sans doute trop tôt. Et au moment du tout dernier Rei, avant de commencer à partir, une émotion intense, difficile à décrire, parcourrait le dojo.

Daniel Ramirez

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