CR – Séminaire FKT Responsables Dojo

Jeudi 17 mai 2012, Jour de « l’Ascension », quel beau symbole pour la naissance du PREMIER séminaire FKT des enseignants et/ou dirigeants de Dojo, organisé et animé par Erick Moisy Sensei, Renshi, directeur technique FKT, assisté de Thierry Guillemain d’Echon Sensei, Renshi, responsable des stages FKT et de Jean-Claude Tramier, secrétaire général FKT.

Les arrivées des participants s’échelonnent à la Falaise Verte depuis la veille au soir. Le temps est ensoleillé. Pour ceux qui ont réservé leur repas du jeudi midi, la table est dressée dehors sur l’herbe.

Nous sommes 23 enseignants et ou dirigeants de dojo venus des quatre coins de France.

Sont représentés : AKE, AKV, AKTBA, KC, CATCO, AIRBJ/GD, LUC, KLDS, ABK, KJCM, ATKT, AGK, KNS et TENDÔ sans oublier les Dojo des encadrants AKBG, KAP et AKCP.
A 14 h 00, nous sommes tous réunis sur le Shajo pour le Kaikaishiki (ouverture officielle du séminaire) et selon le souhait d’Erick Sensei, pas de kimono, tous les participants en Keikogi. Il nous précise que le séminaire ne sera pas un complément de formation individuelle, mais l’ouverture à une meilleure compréhension du rôle d’un enseignant.

« Isshin denshin » (de cœur à cœur) est la voie essentielle d’une transmission pour qu’elle ne soit pas seulement intellectuelle ou technique.

Un Yawatashi ouvre ce séminaire. Réalisé par Erick Moisy Sensei (Ite) assisté de Claude Jauffret, Daiichi kaizoe (1er assistant) et de Didier Lefellic, Daini kaizoe (2ème assistant).

Viennent ensuite les moments tant attendus, des partages d’expérience autour de l’enseignement, de la pratique, de la gestion administrative, des conseils des Sensei et de Jean-Claude.

Nos échanges sont enrichissants… Les participants souhaitent conserver de ce séminaire un maximum d’informations et ne sont pas avares de moyens d’archivage. Ils sortent alors des sacs, bloc-notes, appareils photos et caméscopes !
Mais attention, tous ces moyens ne serviront que de points de repères, ils ne peuvent se substituer à la qualité d’attention, de relation, perceptible sur le Dojo. Comprendre, en s’ouvrant au présent, permet de s’unir dans l’intention intérieure juste, ce qui saura conduire à une attitude extérieure correcte.

De fait, le rythme des journées est fluide, et la généreuse inventivité d’Erick Sensei lui permet de composer avec harmonie une alternance fort à propos entre échanges théoriques, exercices pratiques et pauses salvatrices. Etancher la soif d’apprendre et celle qui est satisfaite de thé, d’infusion ou de fruits divers avec, sur le beau gâteau d’enseignement, les cerises du site, « divines » !

La valse des thèmes est lancée et nous guide pas à pas de la pédagogie à la vie des Dojo, de l’étiquette à la compréhension des relations humaines…

Vendredi 18 mai

Nous sommes prêts, ordonnés pour le salut du matin. Erick Sensei, au lieu de se tourner vers Waki shomen, se tourne vers nous, les participants en quête de savoir. Il dit : « Bonjour, ce matin nous ne sommes pas en mesure de faire le salut, le Dojo n’est pas prêt »! Un doute plane quelques secondes dans les rangs.
Il ajoute : « l’Azuchi n’a pas été préparé après l’entrainement d’hier soir. On ne peut commencer ce matin avant que la butte de sable ne soit apprêtée.
La négligence est réparée avec entrain, le groupe se serre les coudes, l’Azuchi est toiletté, arrosé, colmaté, lissé, ratissé, énergétisé… Après cette activité réparatrice, le salut peut enfin ouvrir la journée !

Elle s’initialise par un Hitotsu Mato Sharei avec Thierry Guillemain d’Echon Sensei, Jean-Claude Tramier et Sylvie Birritieri. C’est un Sharei où l’harmonie est au cœur de la pratique, chacun étant, tour à tour, Ite et soutien de Ite dans un rythme et une respiration commune. C’est celui qui est demandé pour le Niji du Kyoshi.

Le Dojo respire et avec les rayons matinaux, l’air devient plus nourrissant et appelle l’unité. Être ensemble, attentifs et fondateurs de l’instant présent, pour marier apprendre et enseigner.

Après ce moment d’harmonie, la question se pose : comment intervenir en tant qu’enseignant pour développer l’harmonie et l’équilibre entre entrainement, apprentissage, pratique et transmission ? Pour répondre à cette question de façon correcte, participer à un tel séminaire est irremplaçable. Notons simplement qu’un entrainement s’opère par des corrections individualisées et qu’un enseignement se base sur des aspects plus globaux, qui concerne le fondement des principes de la pratique.

L’entrainement libre du soir prend alors des couleurs particulières en résonnance avec le vécu de la journée.

Samedi 19 mai,

La matinée commence par un Tachi Shinsa Maai, effectué par 5 des pratiquants enseignants. Tous les autres participants sont requis, prêts à intervenir après le Sharei et le commenter. Le choix de la première personne qui aura la parole se fera à l’issue du Tachi.

Situation d’enseignement importante, dans laquelle on insiste surtout sur les aspects essentiels, ce qui ont servis à la bonne réalisation et ceux qui n’ont pas été respectés au cours du Tachi. Dans ce Tachi, notamment, deux erreurs importantes ont été commises par deux pratiquants sur le Maai. Le moment où on relève l’arc suivant la position où on se situe dans le Tachi ainsi que le moment pour se relever. Il ne s’agit pas de donner des corrections individuelles ou personnalisées, mais d’aider à restituer les bases indiquées dans le manuel de Kyudo.

Après cet aspect relatif à la pratique, JC Tramier fait la lecture de la charte des Dojo qui servira de base à la création d’un Dojo ainsi que de guide à la vie de ceux déjà constitués. Cela suscite des questions, des propositions complémentaires et parfois des modifications dans la formulation. L’intérêt manifesté sur ce sujet permet même d’aborder la conception de cette charte et d’en reconnaître l’utilité.

Suit à nouveau un moment de pratique, on pourrait dire d’assimilation de la pratique où l’acuité de l’attention est aussi, lorsque l’on attend son tour, sur ceux qui pratiquent. Pas de correction dans cette phase, simplement le développement d’une conscience de groupe.

L’après-midi est un moment particulièrement intéressant. Celle d’une prise en charge de « vrais » débutants qui, pour l’occasion, ont été requis dans le Centre parmi les stagiaires de passage venus pratiquer Zazen pour quelques jours.
L’objectif est, en une heure environ, d’initier ces deux débutants à tirer à la Makiwara, (ou même à la cible) et de réussir à leur faire ressentir ce qu’est la pratique des huit Hassetsu.

Sous la conduite experte d’Erick Sensei, les deux novices réussissent cet exploit avec brio. Les participants ont ensuite été invités à travailler en binôme, l’un faisant le débutant, l’autre l’enseignant. Alternativement ils changent de rôle. Le premier pas est d’apprivoiser l’appréhension que l’on ressent lors d’une situation inconnue.

Après une pause bien méritée, nous sommes conviés à faire des Tachi pour clore l’après-midi en s’appliquant bien sûr dans le Tachi qui nous concerne mais aussi en restant relier aux autres Tachi pour que le niveau d’attention aide au mieux chacun.

Dimanche 20 mai, dernière matinée.

Thierry Guillemain d’Echon Sensei ouvre la dernière journée du séminaire par un autre Yawatashi, assisté de Pascal Colmaire, Daiichi Kaizoe et Patricia Stalder, Daini Kaizoe. On peut bien sûr faire des remarques après toutes les sortes de Sharei, mais il est aussi recommandé de s’appuyer sur la qualité de l’énergie qui y a concouru et s’en inspirer pour l’objectif suivant. C’est savoir respecter la pratique.

La phase suivante permet d’aborder des questions relatives aux enseignants.
Quelques exemples :

Dans une séance à durée limitée, on enseigne ou on corrige, pas les deux !
On entend des enseignants qui sont frustrés car ils n’ont pas assez de temps pour pratiquer eux-mêmes puisqu’ils doivent s’occuper des débutants. Enseigner, c’est pratiquer. Pratiquer qualitativement c’est la base de l’enseignement.
Varier la pratique, c’est soutenir l’intérêt vivant, une pratique austère peut nuire à la motivation.

Suite à ces derniers échanges, Erick nous propose un Taikai amical sur 4 flèches.
Les résultats révèlent deux Kaichu et deux ex-aequo à trois flèches. Erick Sensei et Jean-Claude Tramier qui ont fait trois Mato se départageront par la méthode Enkin, tir d’une flèche sur la même Mato et résultat au plus près du centre. Un juge et un assistant se tiennent vers l’Azuchi pour l’appréciation du résultat et le juge ramène directement par le Yamichi les flèches dans la main droite bras tendu. Pour classer trois ou cinq participants, il ne ramène que la ou les flèches du ou des classés, dans notre cas, celle de JC Tramier dont la flèche, à un poil près, était la plus centrée.

Pour déterminer le vainqueur, on utilise la méthode Izume (ou « mort subite ») et vraiment exceptionnellement la méthode Enkin, sauf si vraiment le départage s’appesantit dans la durée. Thierry Sensei et Patricia prennent une flèche et tire chacun sur une Mato différente. Si les deux font Atari (touché) ou Hazure (manqué), ils recommencent avec une autre flèche jusqu’à se départager. Pour cette fois, Atari de Thierry Sensei à la première flèche et Hazure de Patricia.

Vainqueur du tournoi : Thierry Guillemain d’Echon
2ème : Patricia Stalder
3ème : Jean-Claude Tramier

Le séminaire se termine : Heikaishiki (clôture du séminaire) sous les applaudissements sincères et chaleureux des participants pour Erick, Thierry et Jean-Claude.

Ce que nous pouvons retenir de cette « Première » c’est qu’elle a rassemblé des énergies, qu’elle a permis, (comme le dit le slogan d’un grand fournisseur d’énergie !) de relier des hommes et des femmes, souvent isolés géographiquement, et quelque fois dans leur pratique et la direction de leur dojo.
Des réponses ont pu être données à nos questions, à certaines de nos préoccupations et comme l’a dit Tram, sur le plan humain nous avons pu mettre un nom sur un visage.

Le rôle de l’enseignant va au-delà de la compilation d’une connaissance ou d’un savoir, même exprimés clairement. Grâce à ce séminaire, nous avons approché et mieux compris Isshin Denshin !

Et un très grand Merci à nos Sensei !…à suivre !

Sylvie Birrittieri et Thierry Guillemain d’Echon

Recommended Posts
Contactez-nous

Vous pouvez nous laisser un message et nous vous répondrons au plus vite

Not readable? Change text. captcha txt