« J’ai été à l’aise tout de suite pour enseigner »

Dernier arrivé au sein de la fédération, le dojo de la Bernerie-en-Retz profitant du dynamisme de son président, est voué à un beau devenir.

À l’origine Jean Romet est un archer. Ancien sapeur-pompier il officie 32 ans en région parisienne avant de prendre une retraite très active à la Bernerie-en-Retz à proximité de Pornic. A la recherche d’une activité sportive, il rejoint le club de tir à l’arc de Pornic. Un jour, un de ses compagnons de tir lui passe « le livre magique d’Herrigel » comme il aime à dire les yeux pétillants de gourmandise. C’est la révélation. Il décide de suivre le voie du kyudo.

Au début il rejoint le dojo de Lorient mais les 2 heures de voiture pour aller s’entraîner ne sont pas tenables. Il a mis le doigt dans l’engrenage la pratique devient indispensable. Il le dit lui même : « C’est spécial le kyudo. Mais quand on a mordu dedans, on ne peut pas s’en passer. C’est un journal de recherche. On est toujours entrain de rechercher quelque chose. C’est la passion de cette discipline. »

Certain de sa motivation et confiant dans ses connaissance, il décide de créer son propre dojo. La priorité est l’équipement et il investit une somme conséquente pour acheter 5 arcs, 5 gants, et des flèches. C’est ainsi qu’en février 2010, le Kyudo Traditionnel Côte de Jade voit le jour. Une participation au forum des association et un article dans la gazette locale permet de se faire connaître. La pratique peut débuter. Le temps d’absorber cet investissement de départ, le budget de l’association est serrée. Ainsi le choix est fait de ne pas rejoindre la fédération le temps d’apurer la dette. Entre subventions municipales et cotisations des adhérents, il faudra quatre ans.

Le tir à 28m se fait dans un gymnase ; un filet d’archerie tendu en fond de salle fait office d’azuchi. Malheureusement le sol est en liège, ce qui ne facilite pas le taihai nécessitant l’installation au sol d’un lino. Ce travail est donc fait dans une petite salle où sont aussi installée les makiwaras ; le sol est plus adapté.

« C’est spécial le kyudo. Mais quand on a mordu dedans, on ne peut pas s’en passer »

Après seulement trois mois de pratique, Jean débute son enseignement sans angoisse. Il le précise lui même : « quand on a bien compris les gestes, bien compris l’ouverture, il n’y a pas de problèmes. J’ai été à l’aise tout de suite pour enseigner ». Jean est un pédagogue averti, pendant sa longue carrière de sapeur-pompier il fut formateur de formateur pour les jeunes sapeurs-pompiers mais aussi conférencier pour un club d’astronomie. Le dojo n’est pas encore dans le circuit officiel. Pour sortir de cet isolement, Youtube devient un outil pédagogique indispensable.

Mais la nécessité d’aller au delà de la simple mise en place du corps, se fait jour. Deux ans après sa création, il est temps pour le dojo de rejoindre la fédération et pour Jean de parfaire sa connaissance du kyudo. L’entrée à la FKT se fait sous le parrainage de Loïc Kerisit qui enseigne à Angers. De même Frédéric Demangeon vient parfois encadrer des entrainements. Que de chemin parcouru depuis 2010. L’arrivée de Christian Guienne qui participe activement à la formation et au bon fonctionnement du club a permis de transformer la motivation d’un seul homme en une activité pérenne.

Avec deux créneaux hebdomadaires, le club compte actuellement huit pratiquants dont trois gradés ANKF. A la faveur de la période estivale , le dojo n’hésite pas à mettre en place des séances d’initiation pour les touristes. On ne se refait pas.

Arnaud Vojinovic

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