CR – Stage AKBG SDK – 7 et 8 mars 2015

 

dirigé par Erick Moisy Sensei, Renshi.

 

En préambule, Erick Moisy Sensei nous explique que depuis quelques années maintenant, nous avions pris l’habitude d’annoncer les thèmes des stages à l’avance. Or au Japon, les Sensei s’inspirent en général d’une thématique après avoir observé les pratiquants durant Ite Gyosha, réalisé en ouverture de stages.

La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer

Cette citation de Saint-Exupéry contribue peut-être à renforcer le mythe du Kyudo-Zen, mais ce n’est pas totalement un malentendu puisque dans un Budo, efficacité et simplicité sont autant des éléments essentiels que complémentaires. Une combinaison de ces deux aspects participe à un geste épuré et en conséquence (souvent) beau.

Sukiganai, pas d’espace, s’assurer qu’on ne laisse aucun espace, aucune faille
A l’image de nos plantes des pieds en contact constant avec la surface du sol, aucune faille n’est tolérée dans un Budo. Parmi ces faiblesses, il est possible d’énumérer quelques mouvements inutiles classiques : une oscillation du buste en se levant, un bras droit ou un bras gauche qui “fabrique” le Daisan au lieu de le laisser se placer naturellement, une main qui s’écarte de la hanche avant Yugamae, des grimaces d’autosatisfaction, de déception ou d’autocritique après un tir… tous ces mouvements, actions, tics, manifestations d’émotion et même respirations inutiles viennent perturber la suite de l’enchaînement.

L’exemple de Mezukai
Pour survivre sur un champ de bataille, il serait vain d’être focalisé sur un seul adversaire, au contraire, il s’agit de favoriser une conscience et une perception globale de son environnement. A ce titre, Mezukai est un bon exemple : au lieu de laisser papillonner ses yeux, maintenir son regard à 4m (debout) et 2m (Kiza) durant un Sharei permet d’ouvrir son champ de vision à (quasi) 180° ; ce qui permet de tout voir sans rien regarder de particulier et contribue à exacerber tous ses sens. Cette distinction entre concentration et attention a été approfondie par d’éminents philosophes, dont Krishnamurti, auteur qui a largement inspiré Erick Moisy Sensei au début de sa pratique de Kyudo.

De Issha Setsume à Ansei Suru, en passant par Zanshin
Tout le travail d’optimisation consiste à réaliser ce que l’on fait en trop et à prendre conscience du moment où nous avons ajouté quelque chose d’inutile. Cette réflexion sur soi-même (Ansei Suru) à chaque nouvelle flèche (Issha Setsume, une flèche, une vie) doit se faire avec son corps, en écho avec ses sensations, sans passer par une analyse trop intellectuelle. Les petits Zanshin qui jalonnent les étapes du Hassetsu constituent autant d’occasions de mini-prises de conscience.
Attention ici au piège qui consisterait à corriger un mouvement ou une posture, en ajoutant par là même de ce superflu que nous cherchons justement à éliminer ! Inutile de prendre le risque que le petit réglage de dernière minute n’induise une rupture ou un déséquilibre inattendu, qu’il s’agira à nouveau de récupérer, en générant au passage un trouble perceptible, qui à son tour, etc… Au contraire, il s’agit d’assumer son tir, dans son imperfection : flèche après flèche, chercher à lire dans le résultat et le Zanshin, la trace du détail parasite qu’il s’agira de gommer …à la prochaine flèche !
Au Kyudo, comme dans l’art de la calligraphie, c’est la voie qui nous est proposée pour tenter d’approcher le geste parfait.

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Rendez-vous à Genève le week-end du 20-21 juin pour le dernier stage avant les examens européens de Macolin !

CJ&CJ – Mars 2015

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